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Teleperformance mis en demeure par l'ONG Sherpa

Publié par Stéphanie Marius le - mis à jour à
Teleperformance mis en demeure par l'ONG Sherpa

L'outsourceur Teleperformance est rappelé à son devoir de vigilance par l'ONG Sherpa et le syndicat UNI Global Union suite à la détection de possibles menaces aux droits fondamentaux des salariés dans ses filiales en Colombie, au Mexique et aux Philippines.

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L'ONG Sherpa et le syndicat UNI Global Union mettent en demeure le groupe Teleperformance en lien avec la loi de 2017 sur le devoir de vigilance. En effet, UNI Global Union a publié récemment un rapport consacré aux conditions de travail au sein des centres de contacts du groupe en Colombie. Le syndicat évoque de "possibles atteintes à la liberté syndicale et des tests de grossesse imposés aux travailleuses", indiquent les deux organismes via un communiqué. Plus largement, Teleperformance "opère dans des pays à risques pour les droits fondamentaux des travailleurs et la liberté syndicale comme la République Dominicaine, la Colombie, l'Inde et les Philippines", explique l'ONG Sherpa.

Le syndicat UNI global Union affirme avoir alerté de nombreuses fois l'outsourceur sur ces faits et l'accuse de ne pas avoir présenté de plan de vigilance dans son rapport annuel de 2018, se contentant de "publier un plan de deux pages en 2019, sans même y associer les syndicats". Ainsi, Sherpa et UNI Global Union s'appuient sur la loi sur le devoir de vigilance, laquelle oblige les entreprises françaises à identifier les risques d'atteints aux droits humains et aux libertés fondamentales causées par les activités de leurs filiales, pour mettre Teleperformance "en demeure de revoir sa copie". Si l'entreprise ne prend pas de mesures adaptées dans les trois prochains mois, en y associant les syndicats, les organisations envisagent de l'assigner en justice.

Pour Sandra Cossart, directrice de Sherpa: "La loi sur le devoir de vigilance exige bien plus qu'un exercice formel de publication d'un plan: il s'agit de prendre des mesures adaptées d'identification et de prévention des risques d'atteintes graves. Cette loi ne concerne pas seulement des multinationales françaises connues des consommateurs, mais également des entreprises moins visibles, comme Teleperformance, qui opèrent elles aussi dans des pays à risques. Teleperformance doit maintenant tout mettre en oeuvre pour empêcher les atteintes aux droits des travailleurs, à défaut elle devra en répondre devant la justice."

Christy Hoffman, secrétaire générale d'UNI Global Union, ajoute: "Teleperformance a décidé de mener ses activités dans des pays souvent peu respectueux des droits humains, et en particulier des droits des travailleurs. Dans ce contexte, il lui revient d'adopter un plan crédible et holistique, pour empêcher que ces risques ne deviennent réalité. Le plan publié par Teleperformance ne remplit pas ces conditions. L'entreprise devrait aussi corriger les problèmes qui ont déjà été rapportés par les travailleurs, pour éviter qu'ils ne se généralisent."

Teleperformance affirme son respect de la réglementation

Contacté par la rédaction, Teleperformance affirme son respect de la réglementation: "Avec 300000 employés à travers le monde, Teleperformance est le leader mondial de la gestion de l'expérience clients externalisée. Teleperformance, dont l'ADN est les femmes et les hommes qui le représentent, se conforme à l'ensemble des réglementations qui lui sont applicables et ce, partout dans le monde. Le respect des droits humains est au coeur des engagements et des préoccupations du Groupe: Teleperformance s'est engagé depuis sa création pour garantir le respect des droits fondamentaux de ses employés. Le groupe travaille au quotidien à l'amélioration continue des conditions de travail et du bien-être de ses collaborateurs. Le plan de vigilance du Groupe a été rendu public en décembre 2018, en conformité avec la règlementation. Teleperformance travaille quotidiennement en étroite collaboration avec l'ensemble de ses parties prenantes internes et externes afin de publier un plan de vigilance enrichi et détaillé en septembre prochain."

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Stéphanie Marius

Chef de rubrique

Ancien professeur de lettres modernes, secrétaire de rédaction durant quatre ans et aujourd’hui chef de rubrique pour les sites Ecommercemag.fr et [...]...

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