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Enseignes : quelles leçons tirer des foodtech ?

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À l'heure où les produits de grande consommation s'achètent de plus en plus en ligne et que le frais, dernier bastion des distributeurs, aiguise l'appétit des e-commerçants, quelles solutions les start-ups labélisées " foodtech " peuvent apporter aux grandes enseignes ?

Enseignes : quelles leçons tirer des foodtech ?

La transformation digitale impacte un secteur alimentaire déjà en ébullition après l'avènement du bio, de la consommation responsable ou le retour du fait maison. " Nous constatons une volonté de donner du sens à la consommation, de lutter contre le gaspillage, de faire attention aux provenances et de favoriser des produits sains, bio, sans gluten et des goûts plus naturels " énumère Pascale Azria, fondatrice de la conférence Food is Social, qui décrypte les tendances de l'agroalimentaire.

Mais alors que les grandes enseignes se positionnent à peine sur ces questions, les start-ups déferlent avec des innovations qui renouvellent l'expérience client. Tout en misant sur le digital pour répondre au besoin de proximité, d'authenticité et surtout d'accessibilité, elles comptent sur l'inertie des distributeurs pour se tailler la plus belle part du gâteau. " Elles bousculent les commerces traditionnels, qui doivent chercher des solutions " assène Pascale Azria.

S'inspirer et collaborer avec les start-ups

L'une d'elles consiste à appliquer les recettes des start-ups. " Nous voulons recréer la proximité avec le client de la restauration classique, absente de la livraison à domicile. Sur notre application, les chefs sont mis en avant " explique Patrick Asdaghi, CEO de Foodchéri, le restaurant en ligne où les plats sont destinés à la livraison. Chez Pickles, " le feedback client est au coeur de la stratégie " explique Véronique Bergeot, co-fondatrice d'un service " full stack " qui a aussi breveté les caissons utilisés pour garder les plats à température. Après avoir suivi en temps réel l'arrivée du livreur depuis la cuisine centrale, le client peut partager sur l'application son appréciation du plat. " Nos chefs voient les commentaires laissés sur les premières livraisons et peuvent changer la recette en temps réel. "

De quoi inspirer les enseignes : " Nous surveillons les commentaires et les notes en ligne. S'ils sont trop mauvais, nous retirons les produits. Nous avons ainsi remarqué une volonté de retrouver le goût des aliments, souvent masqué par le sucre. Après avoir testé un atelier dans un de nos points de vente, et constaté le succès sur les réseaux sociaux, nous l'avons étendu à d'autres magasins et avons lancé une nouvelle gamme de produits " explique Augustin De Vulpian, responsable marketing d'Intermarché, venu partager les enseignements de l'opération SucreDetox.

De son côté, Franprix fait le pari de la complémentarité, arguant que le magasin physique est le seul à offrir une expérience sensitive, alors que l'enseigne a décidé de ne pas faire d'e-commerce : " Plutôt que de nous battre pour les prix les plus bas en ligne, notre présence digitale passe par des services comme Alloresto, Resto-In et Glovo, avec des apéritifs, des plateaux repas ou des paniers de courses rapides, livrés dans nos zones de chalandise " détaille Cécile Guillou, directrice générale adjointe, qui collabore avec la start-up Stuart pour développer cette offre.

Un mouvement décliné in-store : " Nous avons repensé le point de vente comme un lieu de vie, en misant sur l'ultra-frais, la consommation immédiate et le fait sur place. " Témoin du succès de cette stratégie : les poulets rôtis vendus en barquette, un " must " chez les millenials, pourtant les premiers à consommer en ligne. Mais en la matière, ils ne vont pas être en reste très longtemps : Franprix prépare le lancement d'une application mobile pour faire perdurer le lien créé au-delà des portes des magasins.

Pour cette 4e édition, Food is Social et ShakeUpFactory publient un Guide de survie des professionnels du food