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Tout sur les 35 heures au "CFDT, j'écoute"

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La Confédération démocratique du travail a installé une centaine de centres d'accueil téléphonique, accessibles jusqu'à fin juin 2000, pour renseigner les salariés sur leurs droits face à la réduction du temps de travail, et les aider à négocier un accord.


Qui n'a pas remarqué, les quinze premiers jours de février, les affiches arborant dans toute la France le slogan "Ne laissez pas les 35 heures se faire sans vous", les encarts presse parus dans une cinquantaine de journaux ? C'est la première fois que la CFDT - sur une idée de l'agence BBDO - communique avec une telle ampleur sur un sujet qui suscite beaucoup d'interrogations : la réduction du temps de travail. Objectif : faire connaître un Numéro Indigo, le 0825 0825 35, pour inviter les salariés à se préoccuper de la mise en place de la nouvelle loi sur les 35 heures. Les militants continuent, à ce jour, à distribuer des milliers de dépliants et des "cartes contacts" où figure ce numéro, mis en service jusqu'à fin juin.

Dialoguer et trouver un accord


La CDFT est partie du constat que le dialogue entre les salariés et leur entreprise est difficile, a fortiori dans un nouveau cadre de loi dont la bonne mise en oeuvre dépend des accords engagés. A ce titre, le syndicat est d'ores et déjà signataire de plus de 40 % des 30 000 accords recensés à ce jour. Selon Gilbert Marsac, coordinateur au département activités revendicatives, « chacun doit pouvoir s'y retrouver, parler. Salariés et employeurs doivent apprendre à vivre ensemble ». Grâce à l'installation de cette ligne, pour le simple coût d'une communication locale, tout salarié peut, dans un premier temps, discuter avec un interlocuteur approprié, et ensuite prévoir un rendez-vous avec un professionnel de son secteur. Par ailleurs, en raison de la durée exceptionnelle de l'opération "ligne ouverte" (5 mois) et de la nature même du syndicat, celui-ci n'est pas en mesure d'utiliser les services d'une plate-forme téléphonique, encore moins d'un numéro libre appel. Exception faite dans le Nord-Pas-de-Calais où le syndicat a fait appel à un spécialiste pour se former aux techniques de l'accueil téléphonique. Concrètement, dans chacune des 95 unions départementales, une permanence de correspondants (adhérents et salariés de la CFDT) expliquent aux appelants les tenants et les aboutissants de la deuxième loi Aubry, répondent à leurs inquiétudes et les aident à démarrer une négociation dans leurs entreprises. Cela pendant les horaires de travail habituels, et parfois le samedi matin.

Une organisation interne


Un renvoi national qui se met en route en dehors de ces horaires permet de laisser des messages. Dans le cas de demandes de mandatement (le syndicat se déplace dans l'entreprise), qui représentent un tiers des appels, le syndicat rappelle les appelants dont il a pris les coordonnées. Mais il peut également communiquer la fiche contact au syndicat de la profession pour un suivi personnalisé. Techniquement, avec la logistique de France Télécom, l'appel est basculé vers l'Union départementale la plus proche du numéro entrant ou bien, en cas de non-disponibilité, vers l'Union régionale qui prend le relais. Toute cette nouvelle organisation générée par la mise en place du Numéro Indigo est prise en main par les militants qui non seulement connaissent bien le dossier des 35 heures, mais ont aussi déjà l'habitude de l'accueil dans les permanences. « C'est aussi la fonction du syndicaliste », ajoute Gilbert Marsac. Le 0825 0825 35 est un vrai contact de proximité. Il enregistre une moyenne de 200 appels par jour. Les retombées du numéro ont retenti sur la fréquentation du site Internet, dont les visites ont augmenté, surtout pendant les week-ends, en dehors de la période d'ouverture de l'accueil téléphonique. Les questions les plus souvent posées y sont recensées, et notamment celles qui concernent le temps partiel. Tout dépend cependant des accords, qui doivent être négociés au plus tôt, au risque pour les entreprises de voir le montant de leurs aides diminuer. Les entreprises de plus de 20 salariés bénéficient d'un délai de grâce d'un a... Tandis que celles de moins de 20 salariés ont encore jusqu'au 1er février 2001 pour trouver un point d'équilibre.

Mot clés : accord

Iisabelle Trévidic