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SNT construit son dispositif européen

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En juillet 2001, l'outsourcer néerlandais SNT initiait un processus de rachat de l'activité centres de contacts d'Atos Origin. Près d'un an après cette annonce, où en est SNT France ? "On intègre", répond la direction.


«Le 23 novembre 2001, le deal était conclu. Nous sommes en pleine intégration et au travail », affirme Antoine Moser, tout droit débarqué de Hollande au poste de P-dg de SNT France pour le temps qui sera nécessaire au processus d'intégration des activités centres d'appels d'Atos Origin. Un processus qui, selon ses propres mots, devrait prendre « plus d'une année ». Car l'activité call center d'Atos, ça n'est pas rien. Huit centres de contacts, 1 500 postes, 2 500 salariés et un chiffre d'affaires 2001 annoncé d'environ 100 millions d'euros. Pour SNT, la stratégie est des plus claires : constituer une offre intégrée à l'échelle européenne et pouvoir se prévaloir d'une place de leader sur le marché européen des centres de contacts. Ce à quoi l'ingestion des huit sites d'Atos (une fois le chiffre d'affaires 2000 de SNT) devrait largement contribuer. La société ayant également acquis, pour 180 millions d'euros, les centres d'appels de l'opérateur néerlandais KPN. SNT vise en 2002 un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros.

"Pas d'incidence pour les clients d'Atos"


Chez Atos, on affirmait, à l'occasion de l'annonce faite en juillet dernier, que ce rachat n'aurait aucune incidence directe pour les entreprises clientes du pôle centres d'appels. Ce que confirme aujourd'hui Michel Tibayrenc, responsable d'exploitation du centre de contacts de Peugeot à Lyon : « Je vois plutôt des avantages à cette passation. Atos était bon sur la partie construction de centres et moins bon sur la partie management. Notre centre est construit. Et SNT développe sans doute une approche plus pragmatique du management. » La transaction obéit à un calendrier précis programmant le rachat progressif du capital d'Atos par tranches successives. La totalité de l'activité devant être absorbée par le groupe néerlandais au 31 décembre 2003. Le montant de l'acquisition ne devant pas dépasser les 78 millions d'euros. Mais, depuis l'annonce du rachat, des bruits n'ont cessé de circuler dans la profession, évoquant une certaine déconvenue de l'acquéreur devant l'état réel de la société acquise. On susurre même que les modalités de la transaction feraient l'objet d'une renégociation. Archi-faux, rétorque la direction de SNT France. « L'arrivée sur le marché français d'un acteur de la taille de SNT suscite forcément des inquiétudes et des réactions de la part des concurrents », lance Antoine Moser, qui ajoute d'une part qu'« Atos Origin gagnait de l'argent avec ses centres de contacts », et d'autre part « qu'il n'est pas envisagé pour le moment d'ouverture de nouveaux sites en France ». Autre argument déployé par la concurrence à peine l'annonce du rachat faite : comment SNT, filiale d'un opérateur télécom, peut reprendre à son compte les centres de contacts qu'Atos Origin gérait pour des entreprises comme France Télécom, Cegetel et Bouygues Telecom ? « En Hollande, nous traitons l'ensemble des concurrents de KPN. Nous avons parlé de cela à tous les grands clients d'Atos. Dans les télécoms, on est tous concurrents et tous partenaires », avance Antoine Moser. Le P-dg ajoutant que la participation de KPN à hauteur de 51 % dans le capital de SNT étant contingentée au rachat par l'outsourcer des activités call center de l'opérateur néerlandais. Traduc-tion : cette part devrait descendre au-dessous des 50 % car KPN « a d'autres priorités ». Pour SNT, la priorité, c'est le processus d'intégration, insiste Antoine Moser. « Nous voulons exporter notre savoir-faire et notre expérience. Le marché français est un peu moins avancé que d'autres et présente de grandes opportunités. » Quels peuvent être les effets d'une telle "exportation" sur la gestion des ressources humaines, qui n'aura sans doute pas été le pôle d'excellence d'Atos dans l'exploitation de ses centres de contacts ? Sur ce point, le P-dg, qui dit avoir discuté avec les partenaires sociaux, se contentera d'un laconique : « Il y a des opportunités d'amélioration. »