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Le Loir-et-cher veut combler son retard

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Construction d'un hôtel centre d'appels de 2 000 m2, mise en place d'un réseau télécom câblé entre Blois, Romorantin et Vendôme, lancement d'une formation aux métiers de téléopérateur : le Département, épaulé par la Région Centre, annonce un programme offensif pour inciter les entreprises à s'implanter sur ses terres.


Le Loir-et-Cher souhaite intégrer la liste de référence des collectivités territoriales développant une stratégie d'accueil soutenue en matière d'implantation de services clients. Le Département vient d'annoncer le déploiement d'une infrastructure susceptible de répondre aux besoins des entreprises, tant en matière d'immobilier, de formation que de télécommunications. Le Conseil général, la Chambre de commerce et d'industrie, les villes de Blois, Romorantin et Vendôme se sont ainsi associés pour confier à l'Agence de développement économique du Loir-et-Cher (Adelec) une mission d'identification des besoins des entreprises et des collectivités locales. « Les infrastructures de télécommunications constituent aujourd'hui le troisième critère de choix d'un site d'implantation dans le secteur en très fort développement des centres d'appels. Le Loir-et-Cher accuse un retard en la matière », précise-t-on à l'Adelec. Selon un communiqué commun aux cinq partenaires, "plusieurs cas sensibles sont découverts qui nécessitent des actions urgentes afin d'éviter le départ d'activités (centres de relation clientèle ou de ressources informatiques) essentielles à la croissance du Loir-et-Cher. Si le nombre d'emplois concernés est peu important, l'impact stratégique de l'évasion de compétences de haut niveau dans les organisations industrielles pourrait avoir des conséquences sérieuses."

Dorsale optique sur une zone de 130 000 habitants


Après le vote en juin 1999 d'un amendement à la Loi d'orientation et d'aménagement durable du territoire (LOADT) donnant la possibilité aux collectivités dont les territoires sont délaissés par les nouveaux investisseurs d'établir des infrastructures de réseaux de fibres optiques non activées, les cinq partenaires ont décidé d'agir. Le plan d'action retenu prévoit la mise en place d'un réseau fibre optique départemental reliant les villes de Blois, Vendôme et Romorantin, soit une zone couverte de 130 000 habitants. Ce réseau devra également concerner les 22 zones d'activités intercommunales soutenues par le Conseil général et sera progressivement élargi à l'ensemble du département. Objectif : proposer aux entreprises une offre concurrentielle à celle de France Télécom et également faire baisser les tarifs. En matière immobilière, la ville de Blois a commandé la construction d'un hôtel call center de 2 000 m2, solution locative "habitable" au second semestre 2000. Cet immeuble, où pourraient dans un premier temps travailler de 70 à 100 personnes, sera destiné à en accueillir à terme 150. « Nous visons une occupation par une unique entreprise, par conséquent un grand compte. Qui aura vraisemblablement ses propres choix technologiques. C'est pourquoi nous avons choisi la formule d'un immeuble blanc. Nous n'équiperons donc pas les locaux en PC et en mobilier. En matière d'équipement, nous n'irons pas beaucoup plus loin que le câblage », note Arnaud Thierry, chargé de mission à l'Adelec. Coût du mètre carré : 450 francs HT par an. Investissement global : 12 millions de francs.

Formation : entreprises et particuliers jouent le jeu


La Région Centre a annoncé le financement à 100 % d'une offre de formation continue au métier de téléopérateur. Effectif à partir de janvier 2000, cet enseignement en tronc commun se décompose en trois phases. La première repose sur une session théorique destinée à poser les règles comportementales indispensables (280 heures). La deuxième (de 175 à 210 heures) comporte une mise en situation originale dans la mesure où elle associe 500 responsables d'entreprises et particuliers de la région, qui ont accepté de "jouer" aux clients en émission et en réception d'appels. La troisième phase, étalée sur six semaines, consiste dans une formation en alternance avec travaux pratiques sur les centres de la région (Atos, Maison de Valérie, Inoval...). De son côté, la CCI prépare une formation aux métiers des centres d'appels pour 2001.

ANPE et Atos : un recrutement selon la "méthode des compétences"


S'inspirant d'une expérience menée par l'Agence nationale pour l'emploi à Toulouse, l'antenne blaisoise de l'ANPE, vient de recruter 150 personnes pour le compte d'Atos qui n'a plus eu qu'à en prendre acte, laissant à l'agence la totale maîtrise des opérations. Descriptif de cette méthode, appelée "méthode des capacités" : l'ANPE se met d'accord avec l'entreprise sur le seuil minimal de compétence exigé. Une grille est ensuite établie avec le concours de la DRH. Puis, l'ANPE opère un prérecrutement, fait passer des tests oraux et écrits en amphi et livre clés en main les équipes recherchées par l'entreprise.