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L'intérim de moins en moins temporaire

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Comme toutes les sociétés de travail temporaire, Eric Soutou, enseigne du groupe Euristt, a développé une entité dédiée au marché des centres d'appels. Avec un certain nombre d'exigences et de conditions.


La tension régnant en Ile-de-France sur le recrutement des téléconseillers a généré pour les sociétés d'intérim un volant d'affaires non négligeable. Toutes les sociétés de travail temporaire ont aujourd'hui développé leur pôle, antenne, département centres d'appels. Le groupe Euristt n'a pas fait défaut, qui a créé il y a déjà deux ans une activité dédiée au sein de l'enseigne Eric Soutou, l'une des huit marques du réseau. Aujourd'hui, ce pôle, qui représente 25 % du chiffre d'affaires d'Eric Soutou, entretient un vivier permanent de 150 à 200 intérimaires. Pour un taux de stabilisation (intégration en CDI après mission) de 15 %. En lançant son pôle télémarketing il y a deux ans, la société de travail intérimaire imprimait certes des objectifs opportunistes, mais tenait également à asseoir un positionnement qualitatif. De fait, les conditions développées par Eric Soutou témoignent d'une certaine exigence. A commencer par le taux horaire pratiqué, préoccupation majeure des intérimaires (et de leurs employeurs...), qui fluctue entre 52 et 70 francs pour les postes de téléconseillers ou télévendeurs. « Nous avons mené une étude auprès de nos intérimaires afin de savoir sous quelle forme ils souhaitaient être rémunérés. Nous avons donc, à leur demande, opté pour une feuille de paie mensuelle avec acompte systématique chaque semaine, représentant 75 % de leur taux horaire. Sauf pour ceux qui ne souhaitent qu'un virement par mois », précise Claudine Gaillard, directrice d'Eric Soutou. Autre élément différenciant dans l'approche : la sélection des candidats. Toutes les personnes enregistrées au fichier télémarketing ont franchi un premier filtre après entretien téléphonique, puis ont passé un test de personnalité, acheté par le groupe Euristt pour l'ensemble de ses sociétés. Enfin, les intérimaires doivent se prévaloir d'une première expérience de travail en centre d'appels avant de rejoindre le vivier d'Eric Soutou (condition clairement énoncée dans les petites annonces passées par la société). L'ensemble des entretiens d'admission étant invariablement confié au même binôme de recruteuses.

Des missions en moyenne de plus de 3 mois


Le profil des intérimaires est en soi sans réelle surprise : Bac + 2 (BTS action commerciale), à parité femmes/hommes, pour une moyenne d'âge supérieure à 25 ans (de 19 à 47 ans). Outre les étudiants en recherche de jobs d'appoint et les candidats à l'intérim par défaut ou en gestion transitoire de leur vie professionnelle, Eric Soutou recrute également une part grandissante de postulants au travail temporaire par choix. Et pour cause. La tension du marché en Ile-de-France a largement "sécurisé" l'approche intérimaire. « Quelqu'un qui veut travailler toute l'année travaille toute l'année, sans le moindre répit entre deux missions. Avec les avantages que procure la législation sur le travail temporaire », affirme Stéphanie Lyser, responsable du recrutement télémarketing. La durée moyenne des missions étant de plus de trois mois. « Nous sommes en pénurie sur les durées courtes. Nous n'avons pas de travail pour ceux qui réclament des missions d'une ou deux semaines », précise Béatrice Combes, autre responsable du recrutement. Eric Soutou revendique des clients chez les outsourcers (Acticall), mais travaille plus souvent en direct avec les entreprises gérant leur call center en interne : GE Capital Banque, France Télécom, DH... « Le seul vrai critère dans l'acceptation du contrat passé avec le client, c'est le salaire. Si l'entreprise refuse de s'aligner sur nos taux horaires, nous refusons », insiste Claudine Gaillard.

Mot clés : travail |

Muriel Jaouën