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Jean-Louis Borloo « Valenciennes n'acceptera que de vrais professionnels »

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Après être devenu un grand district industriel en accueillant des entreprises comme Toyota, PSA Peugeot Citroën ou Alstom, la ville de Valenciennes, dirigée depuis 1989 par le député-maire Jean-Louis Borloo, part à l'assaut du marché des call centers. Changement d'orientation ou simple pragmatisme économique ?

Pourquoi cet intérêt pour les centres d'appels ?


Valenciennes est en train de devenir un très grand district industriel. Mais l'industrie ne répond pas à tous les besoins d'une population. Il fallait donc nous attaquer aux services. Dans ce domaine du service, nous ne pouvions installer le Parlement européen, ni la Banque mondiale. J'ai eu avec la Chambre de commerce, il y a quelques mois, une longue discussion stratégique sur l'allocation des ressources. Nous nous sommes arrêtés sur deux secteurs en pleine croissance : les centres d'appels et la logistique.

Comment comptez-vous vous y prendre ?


Nous allons agir de la même manière que pour le tissu industriel. Dans cinq ans, nous serons une grande zone de services.

Mais ce marché repose sur des locaux et des installations bien spécifiques. Que proposez-vous pour attirer les entrepreneurs de ce nouveau secteur ?


Nous proposons mieux que des infrastructures. Nous offrons aux entrepreneurs d'avoir face à eux une unité de commandement. Dès qu'une entreprise est intéressée, un comité de pilotage, présidé par le préfet et moi-même, se met en place, qui donne sa décision dans la journée. Autour de la table sont présents tous les services de l'Etat, les services régionaux, les financeurs, les bailleurs, l'ANPE, les centres de formation... Notre postulat est que l'entrepreneur ne fasse que son job. Nous prenons en charge tout le reste : accueil, adaptation des travaux nécessaires à l'installation, mise à disposition de logements pour les cadres, gestion des questions d'image, problèmes de financement... Si un entrepreneur a un bon projet et a besoin de 9 MF, on les lui trouve.

Les centres d'appels ont encore une mauvaise image. Ne craignez-vous pas que cela déteigne sur votre ville ?


Non, premièrement car ce métier est en train d'arriver à maturité, alors que c'était jusqu'à présent du travail précaire, à fort turn-over, du job de dépannage. Deuxièmement parce que les conditions de travail s'améliorent. Nous voulons à Valenciennes des call centers de référence, la meilleure qualité possible en France. Nous mettons à disposition de très beaux locaux avec rez-de-chaussée organisé en système collectif, abritant crèche, salle de sport... Nous pouvons proposer 30 000 m2 disponibles. La contrepartie, c'est que nous n'accepterons que de vrais professionnels.

Ne craignez-vous pas la concurrence de Lille ou d'Amiens ?


Non, car je pense que notre savoir-faire en matière d'accueil est le meilleur de France.

Souhaitez-vous qu'un jour, comme ce fut le cas pour Amiens, on parle de Valenciennes comme "la ville des centres d'appels" ?


Je souhaite que Valenciennes soit une ville pour les centres d'appels tout en conservant son axe industriel. En matière de nouvelles technologies, nous sommes l'une des villes les plus avancées de France. Et la première en Europe, avec Copenhague, à s'être mise en norme ATM.

Comptez-vous agir sur l'aspect social ?


Nous n'avons pas vocation à interférer dans la gestion de l'entreprise.

B2S premier de la liste


Déjà présent à Courbevoie, à Pau et en Grande-Bretagne, B2S ouvre un nouveau centre d'appels à Valenciennes dans l'ancien siège de la société Corona, près du centre ville et en bordure de l'Escaut. Ce nouveau plateau de 3 000 m2 devait être officiellement opérationnel dès septembre 2001. Le site accueillera, dans un premier temps, une tranche de 50 postes afin de traiter un contrat d'outsourcing dans le secteur du tourisme. « Nous projetons d'ouvrir 50 nouvelles positions par semestre, avance Maxime Didier, P-dg de B2S. Avec ce nouveau centre, nous serons capables d'ouvrir en moins de 45 jours un module de 100 postes de travail. » L'objectif étant de créer 300 emplois dans les trois ans. La société bénéficiera d'aides financières, comme une aide à la formation complétée par la PAT (Prime à l'Aménagement du Territoire). Des installations annexes sont prévues, comme un espace détente et la mise à disposition d'une crèche. Un point non négligeable quand on sait que les salariés seront principalement des femmes entre 25 et 35 ans. Les agents seront recrutés dans le bassin local, qui compte un taux de chômage de 17,1 %. Un recrutement en deux étapes : l'antenne locale de l'ANPE se chargeant de la présélection, Colorado assurant la sélection finale. Les recrues suivront ensuite une formation de quatre à six semaines, également assurée par Colorado. Enfin, un travail approfondi sur le produit lui-même sera assumé par B2S. Selon Maxime Didier, les opérateurs seront engagés à hauteur du Smic + 25 % et les superviseurs à environ 13 000 francs. B2S vise un chiffre d'affaires 2001 de 100 MF.