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Hôtel de passage à Bordeaux

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L'agence de développement de l'agglomération bordelaise crée un concept de "centre d'appels relais", tremplin pour une implantation définitive des entreprises.


Il manquait une offre immobilière à Bordeaux. La ville dispose aujourd'hui de son "centre d'appels relais", bâtiment de 3 600 m2, dont 2 900 de plateaux destinés à accueillir les services clients des entreprises. Un "hôtel centre d'appels" de plus ? Pas tout à fait. Car le concept bordelais présente une réelle originalité sur le marché des sites d'implantation et d'hébergement des call centers. « Nous avons cherché à capter les projets d'implantation via une solution immédiate et provisoire », explique Jacques Verlet, directeur adjoint du BRA (Bordeaux Region development Agency). Le principe du "centre d'appels relais" est induit dans son énoncé même : il s'agit de proposer aux entreprises un relais à leur installation à long terme sur la capitale de la Gironde et son agglomération. En bénéficiant de cette infrastructure immobilière, les entreprises s'engagent de fait à ne pas renouveler les baux au-delà de 23 mois de présence et à s'installer ensuite à Bordeaux. La contrepartie est comprise dans le prix du mètre carré locatif du "centre relais" : 480 francs annuels, soit 520 francs HT le m2 de surface utile. « C'est 20 % de moins que le marché local, qui est à 650 francs minimum », souligne William Ballue, chef de projet centres d'appels du BRA.

Accord avec les investisseurs immobiliers


Ce concept signifie également que l'activité générale des call centers doit s'inscrire dans une logique d'environnement économique. Il ne s'agit pas de faire des centres d'appels une activité monolithique, ni même privilégiée, mais bien plus un élément constitutif parmi d'autres de la vie locale. C'est pourquoi le BRA a souhaité associer à ce programme les acteurs économiques locaux, et notamment les investisseurs immobiliers. « Nous leur avons proposé, dès lors qu'ils adhéraient au système, de déposer des permis de construire en blanc. Ce qui évite, pour les entreprises désireuses de s'installer, le délai incompressible d'instruction de deux mois. Et, lorsque l'on connaît les impératifs d'urgence des sociétés, c'est là un argument de poids », souligne Jacques Verlet. Première entreprise à s'installer dans les murs de ce bâtiment abritant 400 positions de travail : Liberty Contact, filiale de Liberty Surf, en charge de la hot line du fournisseur d'accès. Pour l'heure, une trentaine de postes sont occupés, mais la création de 400 emplois est prévue dans les trois ans à venir. La construction du bâtiment aura coûté 21 millions de francs (hors investissements d'équipements), financés à 80 % par la CCI et à 20 % par le Conseil régional, le Conseil général, la Communauté urbaine de Bordeaux, la Ville de Bordeaux et les instances européennes. Le centre relais est câblé en catégorie 7 et peut recevoir trois opérateurs télécoms en raccordement extérieur (France Télécom, Siris, Worldcom). Aujourd'hui, le BRA a recensé sur Bordeaux et l'agglomération 63 centres d'appels, dont 49 gérés en interne, qui emploient en tout quelque 4 200 personnes.

Mot clés : centre

Muriel Jaouën