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Atos Origin cède ses centres d'appels au néerlandais SNT

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La SSII, qui estimait ne pas pouvoir affronter seule le marché européen des centres d'appels, vend ses huit call centers en France à l'outsourcer SNT. Pour 500 millions de francs.


L'outsourcer néerlandais SNT a entamé le 17 juillet dernier une procédure de rachat de l'ensemble des activités centres d'appels d'Atos Origin en France, soit huit centres de contact employant 2 500 personnes. Activités qui, déclare-t-on chez Atos, devraient générer un chiffre d'affaires d'environ 100 millions d'euros en 2001. Lors de son rapprochement avec Origin, ex-filiale de Philips, Bernard Bourigeaud, président du directoire d'Atos Origin, avait annoncé un plan de cessions portant sur 200 millions d'euros de chiffre d'affaires. « L'opération SNT en fait partie », a-t-il déclaré le 17 juillet. L'explication officiellement apportée à ce rachat relève d'options stratégiques. Chez Atos, si l'on ne remet pas en cause la dimension centrale des centres d'appels dans l'activité de gestion de la relation client, on doutait de la capacité du groupe à les développer, seul, à l'étranger. « Aujourd'hui, les entreprises demandent des centres multilingues, d'où notre besoin d'un partenaire puissant », a ajouté Bernard Bourigeaud. Il s'agirait en effet pour SNT de créer un pôle international susceptible de fournir une offre intégrée à l'échelle européenne. Le groupe hollandais revendique avec cette acquisition une place de leader européen dans la gestion des call centers. Basé à Zoetemeer, près de La Haye, SNT emploiera quelque 15 000 personnes dans huit pays. Peu connu et absolument pas présent en France, SNT a réalisé en 2000 un chiffre d'affaires de 99 millions d'euros. Le rachat d'Atos s'inscrit dans une stratégie de croissance externe puisque l'outsourcer néerlandais vient également d'acquérir pour 180 millions d'euros les centres d'appels de l'opérateur KPN, qui devient de fait actionnaire majoritaire (51 %) de SNT. Chez l'outsourcer hollandais, on dit regarder de près des possibilités d'expansion en Grande-Bretagne, en Espagne et en Italie.

Cession totale programmée pour le 31 décembre 2003


Le rachat des call centers Atos doit suivre plusieurs étapes. D'ici le 31 décembre 2001, SNT se portera acquéreur de 55 % des activités d'Atos, moyennant le versement d'environ 1,54 million d'actions SNT pour une valeur de 23 millions d'euros et de 20 millions d'euros payables en numéraire. Le 28 juin 2002, SNT achètera une nouvelle tranche de 25 % d'Atos. Contre quoi la société néerlandaise devra s'acquitter d'un montant de 22 millions d'euros, soit en numéraire, soit en actions SNT. Enfin, à la date du 31 décembre 2003, SNT aura acquis les 20 % restant, moyennant cette fois-ci 5 millions d'euros payables en numéraire ainsi qu'un complément de prix basé sur les résultats financiers de l'activité 2003. Atos revend donc ses activités de centre de contacts au minimum pour une valeur de 70 millions d'euros (458 MF). Le montant de l'acquisition, ne pouvant pas, selon les termes du contrat, dépasser les 78 millions d'euros (510 MF). Chez Atos, on affirme que cette cession n'aura aucune incidence pour les clients du pôle centres d'appels. SNT devient partenaire privilégié dans la gestion de ses activités CRM du groupe, qui s'engage à travailler avec l'outsourcer en priorité pour ses clients grands comptes. La finalisation de la transaction restait, en juillet, soumise à la consultation des partenaires sociaux et à l'approbation des autorités de droit. Elle devrait toutefois aboutir le 30 septembre 2001 au plus tard. Bernard Bourigeaud, président du directoire d'Atos Origin, intégrera le conseil de surveillance du SNT.