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Alchimiste dans l'âme

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Dans un univers de performances, Patrick spinosa est quelqu'un d'atypique, soucieux de choyer ses collaborateurs. Pour autant, il n'en perd pas le sens des affaires.

S'il y a un point commun entre toutes les activités exercées par Patrick Spinosa depuis plus de 25 ans, c'est bien la nécessité de disposer d'un certain bagout. Avant même la majorité, il se retrouve à la tête d'une radio pirate progressivement parvenue à se faire une place sur la bande FM. Après la revente de sa station et quelques années passées sur les bancs de la fac de philo, cet éternel optimiste devient télévendeur. Une expérience utile, puisque depuis huit ans, il dirige PhoneWeb, une société à son image, atypique dans le milieu de la relation client. Installée dans le huitième arrondissement quand d'autres préfèrent l'exotisme de destinations off-shore, l'entreprise de plus de 150 personnes, cotée en bourse, entend certes servir ses clients du monde de l'édition juridique et de l'assurance, mais se veut aussi un tremplin pour ses collaborateurs. «Quand je reçois un candidat, je lui explique que, s'il n'avait pas rêvé de faire de la télévente, moi non plus», ironise Patrick Spinosa.

Assistance réciproque

Pourtant, l'homme estime qu'un passage sur ses plateaux peut s'avérer utile pour apprendre l'art de la négociation et la maîtrise de la dialectique. Luimême fait preuve d'éloquence et se censure vraisemblablement peu. «Je suis un climatiseur. Mon travail consiste à créer un environnement propice à l'expression du talent et de l'unicité de chacun», précise-t-il. Et de poursuivre: «Ce n'est ni plus, ni moins, du Socrate; ça s'appelle la maïeutique.» La philosophie passionne et interpelle celui qui se définit, non sans une pointe d'arrogance, comme un alchimiste. D'ailleurs, il reste profondément inspiré par cette science. Mais son attitude envers ses salariés n'est pas seulement altruiste. «Pour bien vendre, j'ai besoin de collaborateurs créatifs et, pour qu'ils soient créatifs, j'ai besoin de chasser la peur qui est en eux», expliquet-il. Et lorsque l'on demande à notre quadra s'il ne serait pas un peu idéaliste, il répond: «Avant d'être idéaliste, je suis pragmatique. Il n'empêche que je peux être idéaliste et pragmatique, voire humaniste.» Tout en précisant que «ce ne sont pas que des mots».

Pour preuve, depuis le début de PhoneWeb, son dirigeant affirme concilier les attentes des collaborateurs avec la fidélité des clients et la satisfaction des actionnaires. Le choix d'un positionnement au sein d'un marché de niche, demandant une forte expertise, se trouve aussi guidé par la volonté de ménager toutes les parties.

Patrick Spinosa soigne ses télévendeurs: cadre de travail agréable, contrat équitable, système de rémunération avec fixe et variable... L'homme se plaît à exercer son côté «pion ou professeur». Ceci toujours sans perdre de vue son objectif: satisfaire les donneurs d'ordres.

Maîtriser le destin

Mais aujourd'hui, l'enfant de Sanary lâche du lest. L'activité télévente se trouve désormais pilotée par un directeur général. Laissant du temps à son instigateur pour réaliser ses rêves. Ces derniers, mis un temps entre parenthèses, ont désormais besoin de devenir réalité. Alors, le chef d'entreprise prend son destin en main et produit Marianne Farouch, une artiste en qui il croit. Dans un rôle de mécène, pour assouvir sa passion pour la musique, il imagine déjà sa protégée briller aux Victoires de la musique. De l'ambition à revendre et une foi sans limite en l'être humain dirigent sans conteste le petit monde de Monsieur Spinosa.

@ Marc Bertrand

Patrick Spinosa PhoneWeb

1980-1983
Patrick Spinosa crée sa radio libre, Radio Azur Méditerranée, qui devient une association avant de prendre le statut de radio commerciale et d'être revendue.
1983
L'entrepreneur se tourne vers l'université où il va étudier la philosophie.
Décembre 199
Naissance de PhoneWeb.
Depuis 2007
L'avenir devrait s'écrire en musique pour Patrick Spinosa.

Mot clés :

Géraldine Caillet