Décision Achats N°101 - 01/01/2007 - Xavier Robaux
Dans la jungle des objectifs et des gains en tout genre qui leur sont assignés, les acheteurs ont parfois du mal à s'y retrouver. L'arbre de la baisse des coûts est une vieille technique qui permet, en théorie, de matérialiser de manière ludique la performance achats de l'entreprise. A voir.
Tous les acheteurs possèdent des objectifs de réduction des coûts sur l'année par rapport aux coûts facturés sur l'année précédente. Pour la plupart d'entre eux, il s'agit généralement de quelques pour cent par an, en moyenne 4% sur le long terme, un objectif réaliste pour les directions achats d'aujourd'hui. Pour y arriver, certains acheteurs se fixent des objectifs par rapport à un «taux de reconsultation». Par exemple, renégocier 30% du portefeuille achats chaque année. En faisant ainsi, l'acheteur aura reconsulté l'ensemble de son panel fournisseurs en trois ans.
Le «taux de reconsultation» n'est qu'un objectif de moyens. Il faut donc lui adosser un objectif de gains, par exemple une baisse de 10% sur la moitié des dossiers faisant l'objet d'une renégociation. Avec un «taux de reconsultation» annuel de 30%, le gain théorique sera donc de 1,5% sur l'ensemble du portefeuille achats. Cette technique s'applique pour tous les processus achats de l'entreprise: négociation, externalisation, délocalisation... Si l'entreprise se fixe comme objectif d'externaliser 10% des familles d'achats avec un gain moyen de 30%, l'acheteur réalisera, en théorie, une économie de 3% sur l'ensemble du portefeuille achats. Lorsque tous ces objectifs sont mélangés les uns aux autres, il devient parfois difficile de s'y retrouver, y compris pour les acheteurs les plus avertis. Une vieille recette consiste alors à dessiner l'arbre de la baisse des coûts.
E.Ri.C.S. Associés est un cabinet de conseil en achats, formation et achats opérationnels. Ses consultants interviennent aussi bien dans les grands groupes industriels que sur les marchés publics.
www.erics-associes.com
L'arbre de la baisse des coûts permet de représenter la stratégie achats à mettre en place pour atteindre 4% d'économies par an sur l'ensemble du portefeuille. Une première grande branche correspond ainsi au volume d'achats qui ne sera pas renégocié et pour lequel le gain sera de zéro, une deuxième aux familles d'achats faisant l'objet d'une renégociation, une troisième aux objectifs de réduction de coûts par le biais des délocalisations, et ainsi de suite. Au bout de chaque branche, des feuilles correspondent à des dossiers d'achats spécifiques. Les objectifs de gains représentent la sève de l'arbre. Ils sont notés puis cumulés au niveau de chaque branche, en respectant, bien entendu, leur proportion par rapport à l'ensemble du portefeuille achats de l'entreprise. Le total des gains cumulés (4% dans l'exemple retenu plus haut) apparaît à la base de l'arbre.
Ainsi, l'arbre de la baisse des coûts se veut un très bon outil de management visuel. Les tableurs Excel, voire les outils de pilotage achats, présentent quant à eux des limites. Cette pratique est beaucoup plus parlante pour appréhender de manière ludique la performance achats de l'entreprise. Il devient alors intéressant de comparer l'arbre dessiné au mois de janvier où figurent les objectifs théoriques à celui de fin d'année avec les gains effectivement réalisés... Avec parfois, à la clé, nombre de surprises.
Tous les acheteurs possèdent des objectifs de réduction des coûts sur l'année par rapport aux coûts facturés de l'année précédente. L'arbre de la baisse des coûts permet de représenter la stratégie achats à mettre en place pour arriver au pourcentage d'économies souhaité. Il est intéressant de comparer l'arbre dessiné au mois de janvier où figurent les objectifs théoriques à celui de fin d'année avec les gains effectivement réalisés.
Réalisé en collaboration avec Xavier Robaux du cabinet E.Ri.C.S. Associés.
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Christian 33 - 08/05/2012
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Commentaires des lecteurs (2)
Réponse de Tommy le 26/03/2010
Vous n'avez rien compris
Bon, je pense que le débat pourrait être sans fin, mais je pense que vous n'avez rien compris, que vous prenez des raccourcis grossiers.
Pour faire simple et grossier et à mon tour, je pense au contraire qu'il est très important que l'acte d'achat soit confier à un professionnel, c'est-à-dire à un acheteur de métier. Et que pour avoir des acheteurs professionnels, il faut les former et bien les former. A la recherche de la qualité tout d'abord. Et oui, monsieur, à la recherche d'économies d'autre part. Pourquoi ? Parce que cela peut-être une question de survie dans une compétition devenue mondiale. Et surtout, parce que les économies que vous réalisez sur tel ou tel achat peuvent être réinjectées ailleurs : recrutement, recherche et développement, etc. et pas que dans la poche des actionnaires. J'ajouterai qu'une entreprise qui fait des bénéfices, c'est une entreprise qui vie. Tommy, acheteur et fier de l'être !
Le 25/03/2010 biaut à écrit :
c'est navrant
Comment réussir une crise ? Il suffit de confier les Achats aux acheteurs après confier la finance aux seuls traders (par ailleurs utiles)
La responsabilité d'un acheteur sur l'ensemble de la chaine de valeur ajoutée est complète : il produit une déflation généralisée qui impact la valeur ajoutée des partenaires, dévalorise les produits, n'augmente pas la compétitivité de l'entreprise, mais réussit l'exploit d'accroître non pas la capacité d'innovation par la hausse de l'auto-financement ou de la capacité d'endettement, non il permet un accroissement de la rémunération des actionnaires.
A quand une formation financière et économique des acheteurs ? Avec des démarches de ce type - consensus assuré par la facilité du biais du calcul de la baisse du coût - nous sommes dans une situation auto-réalisatrice de crise : les coûts sont réduits, les valeurs ajoutées aussi, les rémunérations aussi, la demande est réduite, ll faut réduire les prix pour s'adapter à une moindre demande, il faut donc baisser les coûts, et la boucle va se boucler. Et les acheteurs parlent d'éthique, de RSE, de développement durable... pas pour les entreprises ni pour les salariés en tout cas.
L'achat est stratégique mais pas entre les mains des acheteurs tels qu'ils agissent, tel qu'ils sont formés. Cordialement, Jean Claude Biaut Economiste.
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biaut - 25/03/2010
c'est navrant
Comment réussir une crise ? Il suffit de confier les Achats aux acheteurs après confier la finance aux seuls traders (par ailleurs utiles)
La responsabilité d'un acheteur sur l'ensemble de la chaine de valeur ajoutée est complète : il produit une déflation généralisée qui impact la valeur ajoutée des partenaires, dévalorise les produits, n'augmente pas la compétitivité de l'entreprise, mais réussit l'exploit d'accroître non pas la capacité d'innovation par la hausse de l'auto-financement ou de la capacité d'endettement, non il permet un accroissement de la rémunération des actionnaires.
A quand une formation financière et économique des acheteurs ? Avec des démarches de ce type - consensus assuré par la facilité du biais du calcul de la baisse du coût - nous sommes dans une situation auto-réalisatrice de crise : les coûts sont réduits, les valeurs ajoutées aussi, les rémunérations aussi, la demande est réduite, ll faut réduire les prix pour s'adapter à une moindre demande, il faut donc baisser les coûts, et la boucle va se boucler. Et les acheteurs parlent d'éthique, de RSE, de développement durable... pas pour les entreprises ni pour les salariés en tout cas.
L'achat est stratégique mais pas entre les mains des acheteurs tels qu'ils agissent, tel qu'ils sont formés. Cordialement, Jean Claude Biaut Economiste.
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