Par Claire Morel, 24/08/2011
Conscientes de l'intérêt des réclamations, les entreprises ont mis en place un service dédié. Mais, elles restent à la phase de traitement des réclamations et non de management de la satisfaction.
Les différentes études sur le sujet sont formelles : les clients déplorent le mauvais traitement de leurs réclamations. Et pourtant, les entreprises se disent de plus en plus conscientes de l’importance de bien s’occuper des clients qui ont des doléances. Pour preuve, 70 % des directions disent avoir établi une politique claire de traitement des réclamations. Les trois quart possèdent un service de réclamation client centralisé, qui parfois, se superpose avec d’autres services externes.
Ces résultats, issus de l’étude réalisée par l’Association pour le management de la réclamation client (AMARC), en partenariat avec Grenoble École de Management (Institut du Capital Client) et le laboratoire CoActiS (Université de Lyon Saint-Étienne), démontrent, en effet, un engagement plus fort des directions générales vis-à-vis des réclamations. De plus en plus d’entreprises misent sur la professionnalisation de leurs équipes et la qualité des process. Pour 70 %, par exemple, tous les collaborateurs des services réclamations sont en CDI et bénéficient d’une formation. En outre, ces derniers conservent une certaine autonomie quant au traitement des demandes. Ainsi, 60 % des entreprises interrogées n’exigent pas un temps limité et précis pour la gestion d’un appel. Autre résultat encourageant : sept entreprises sur dix consultent les commentaires déposés sur Internet et 35 % ont déjà créé un poste de community manager. Enfin, plus de trois quart des sociétés enregistrent les données relatives aux réclamations clients de manière précise et complète.
Malgré ces signes prometteurs, très peu d’entreprises prennent en compte le ROI du traitement des réclamations clients. A ce jour, seules 4 % mesurent le retour sur investissement de leur service réclamation et seulement 8 % évaluent la fidélité d’un client suite au traitement d’une demande. L’étude révèle également que la réclamation n’a pas encore toute sa place dans les prises de décision. Pour l’instant, 72 % effectuent une analyse systématique des causes des réclamations et 58 % remontent ces informations au top management. Par ailleurs, seul un tiers des entreprises aborde le sujet en comité de direction. Plus étonnant encore, les services marketing n’optimisent pas véritablement les retours des consommateurs : 24 % seulement les utilisent pour prendre des décisions ou concevoir de nouvelles offres. Selon l’étude, une minorité d’entreprises “pionnières” ont totalement intégré la réclamation comme un enjeu stratégique. Mais, pour bon nombre d’entre elles, il reste encore du chemin à parcourir. L’une des principales solutions ? Mettre la réclamation au premier plan de la stratégie et la considérer enfin comme un générateur de valeur, dans une culture d’entreprise orientée client.
Méthodologie :
Cette enquête en ligne, administrée de janvier à mars 2011, a été réalisée sur la base d’un questionnaire quantitatif mis au point conjointement par l’AMARC et les professeurs Daniel Ray (Institut du capital client, Grenoble École de Management) et William Sabadie (Laboratoire Coactis, Université Lyon Saint-Étienne).
Sur 250 entreprises adhérentes de l’AMARC, 200 ont été interrogées (environ 50 cabinets d’étude et de conseil, non concernés, ont été retirés) et 143 ont effectivement répondu, soit un taux de retour supérieur à 70 %.
Le panel des répondants reflète globalement la structure de l’association qui regroupe plus de 75 % des entreprises du CAC 40 mais aussi de nombreuses autres grandes structures.
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Consulter"De plus en plus, le marketing devient de la gestion de la data"
Bel article & bel état d'esprit. Je pense qu' effectivement, avant d'investir a tout va dans tous les leviers d'acquisition possibles, il est ...
1inconnu - 21/05/2012
"De plus en plus, le marketing devient de la gestion de la data"
Bravo pour votre article. Vous confirmez ce que nous disons à nos clients tout au long des missions de conseil que Camp de Bases réalise. C'est ...
christophe cousin - 16/05/2012
« Un client multicanal réalise un chiffre d'affaires six fois supérieur à un client monocanal web »
Pour notre site de commerce d'accessoires de sport, l'évolution vers la vente en ligne et le multicanal nous a amené à repenser notre organisation ...
Christian 33 - 08/05/2012
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vendredi 19 octobre 2012
19/04/2012 LANGUEDOC-ROUSSILLON
19/04/2012 LANGUEDOC-ROUSSILLON
Commentaires des lecteurs (3)
Réponse de Daniel Ray le 31/08/2011
Enquête déclarative et intérêt des résultats
Rien à redire quant à votre commentaire sur le "window dressing". Le déclaratif reste du déclaratif.
Cependant, pour une fois, l'intérêt des entreprises interrogées résidait dans la comparaison de leurs propres pratiques à celles des autres membres de l'AMARC. Dans ce cas, et comme nous l'avons largement expliqué auparavant à l'ensemble des répondants potentiels, le deal était clair : tout "window dressing" rendra votre propre benchmark inintéressant. Dans ce cas, à quoi bon perdre son temps à répondre ? En d'autres termes, biaiser ses propres résultats pour faire bonne figure -cas trop connu- ne présente ici aucun intérêt puisque (1)les résultats individuels sont totalement confidentiels et le resteront. Donc la notion de "window" ne peut exister, sauf face à soi-même. Ce qui pose d'autres questions, d'ordre plus psychologique...; (2) mais surtout, le biais qu'un répondant peux générer dans sa réponse va biaiser immédiatement son propre benchmark... c'est à dire la seule chose qui l'incite à répondre !
Il n'en reste pas moins que le miroir des réclamations a toujours deux faces : celle de l'entreprise, mais aussi celle du client concerné. Dans ce contexte, une mesure conjointe reste l'idéal ! Mais, à nos yeux de chercheurs, l'intérêt de cette étude avec l'AMARC consistait justement à pouvoir faire un état des lieux qui soit le reflet le plus réaliste possible des pratiques actuelles des entreprises.
Le 29/08/2011 gilles wallis à écrit :
Enquête déclarative
Si j'en crois la méthodologie d'enquête, il s'agit d'un questionnaire déclaratif. N'est-ce pas prendre le risque de résultats biaisés, ce que les anglo-saxons appellent le "window dressing "(27% avouent ne pas analyser systématiquement les réclamations, mais les autres le font-ils vraiment ?). Ne faudrait-il pas interroger les clients : ils se rendent compte souvent (mais combien de fois ?) que les problèmes qu'ils rencontrent perdurent malgré leurs remontées. Le faible taux de 24% d'entreprises qui déclarent prendre en compte les réclamation pour la conception de leurs offres accrédite d'ailleurs cette hypothèse.
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gilles wallis - 29/08/2011
Enquête déclarative
Si j'en crois la méthodologie d'enquête, il s'agit d'un questionnaire déclaratif. N'est-ce pas prendre le risque de résultats biaisés, ce que les anglo-saxons appellent le "window dressing "(27% avouent ne pas analyser systématiquement les réclamations, mais les autres le font-ils vraiment ?). Ne faudrait-il pas interroger les clients : ils se rendent compte souvent (mais combien de fois ?) que les problèmes qu'ils rencontrent perdurent malgré leurs remontées. Le faible taux de 24% d'entreprises qui déclarent prendre en compte les réclamation pour la conception de leurs offres accrédite d'ailleurs cette hypothèse.
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sophie dueme - 29/08/2011
une vraie richesse...
"72 % effectuent une analyse systématique des causes des réclamations et 58 % remontent ces informations au top management." C'est un progrès ! Mais il faut passer à la vitesse supérieure : intégrer une démarche qualité au sein des comités de direction d'entreprise, c'est y placer "la voix du client". L'étude des motifs de réclamations, la mesure de la satisfaction après traitement et de la fidélisation sont sources de progrès global dans la compréhension des besoins clients et gage de fidélisation. Faites confiance à vos clients, écoutez les !
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