Par Claire POISSON, 29/11/2011
Les perspectives 2012 pour le secteur du bâtiment, annoncées par la Fédération Française du Bâtiment le 29 novembre, montrent des prévisions à la baisse, notamment en matière d'emploi.
Le recul de l’emploi dans le secteur du bâtiment sera la conséquence majeure de la rétractation du marché en 2012. La Fédération Française du Bâtiment (FFB) prévoit en effet une perte de 35 000 postes, intérim compris, l’année prochaine.
De quoi donner un sacré coup de frein à un secteur qui annonce pourtant pour 2011 une croissance globale d’activité de 1,2% et 9000 créations de postes. De par la nature des projets, le secteur du bâtiment est impacté logiquement de façon décalée par la conjoncture macro-économique. C’est pourquoi le recul attendu et programmé de l’activité aura lieu en 2012. Il devrait représenter une baisse de 1,9 % en volume. L’ensemble des entreprises seront concernées, puisque tous les segments de l’activité s’orientent à la baisse, avec - 2,8 % pour le logement neuf, - 1 % pour le non-résidentiel neuf et - 1,7 % pour l’amélioration-entretien.
Trop d’incertitudes demeurent pour 2012
Des perspectives moroses qui ne devraient pas arranger la trésorerie des entreprises du bâtiment déjà mise à mal. « Cependant, rappelle Didier Ridoret, président de la FFB, nul n’est en mesure de dire ce que seront les prochains mois en matière de crédit, tant en termes de prix que de quantité. Les temps sont plus durs, mais les banques, en privilégiant les marchés domestiques, nous évitent le pire. » Mais les tensions sur les prix, déjà très présentent en 2011 malgré la croissance, risquent d’impacter davantage l’outil de production des entreprises. Un recul qui va peser sur les comptes des entreprises. D’autant plus que l’évolution des tarifs des fournisseurs sont un autre sujet d’inquiétudes. Des hausses ont d’ores et déjà été annoncées pour janvier 2012. « Que nous serons incapables de répercuter sur dans nos prix », complète Didier Ridoret.
Par ailleurs, le secteur du bâtiment a l’impression d’avoir été fortement ciblé par les dernières mesures budgétaires annoncées début novembre. « Nous ne pouvons ignorer les difficultés du moment, ajoute Didier Ridoret. Dans ce contexte, la suppression pure et simple du Scellier et du PTZ+ dans l’ancien ne peuvent qu’être qualifiés d’erreurs sur lesquelles il faudra revenir." Si le secteur était prêt à « faire un effort » concernant l’augmentation de 1,5% du taux de TVA. Didier Ridoret pense tout de même que suffisamment d'efforts ont désormais été faits.
Des incertitudes d’autant plus grandes qu'il est à l'heure actuelle impossible de dire si la France conservera son triple A en 2012.
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