Par Gaëlle JOUANNE, 09/11/2011
Un nouveau baromètre national permet de déterminer l'image que se fait le grand public des créateurs ou repreneurs de société et ce qui les empêche eux-mêmes de se lancer.
Dans l’esprit des Français, les premiers termes associés à la création-reprise d’entreprise sont encore et toujours l’épanouissement personnel (43 %), immédiatement associé aux notions d’autonomie et d’indépendance que sous-entend l’expression “être son propre patron” (42 %). C'est ce qui ressort du premier baromètre(1) de l’envie d’entreprendre des Français créé par l’association Créativallée, sous son programme Donner envie d’entreprendre avec le groupe Humanis, le Conseil national supérieur du notariat, Netco Group, le Réseau Entreprendre et la Fondation Entreprendre.
Les résultats, publiés le 8 novembre, font également état de représentations négatives classiques : complications financières et juridiques figurent en bas de classement (10 %). À noter que la responsabilité sociétale de l’entrepreneur, l’envie de contribuer au développement de son territoire en créant ou reprenant une entreprise, sont faiblement perçues : seuls 10 % des interrogés lient la création ou la reprise d’entreprise à la volonté de faire bouger leur environnement, l’endroit où ils vivent ou travaillent. L’argent, la réussite, l’aventure ne font pas partie des premières motivations associées à l’envie d’entreprendre.
Les freins à la création/reprise d’entreprise
86 % des Français interrogés n’ont pas du tout de projet de création et, 93 %, de projet de reprise dans les trois ans à venir.
Parmi les principales raisons évoquées pour justifier cette absence de projet, 48 % retiennent une satisfaction quant à leur statut actuel de salarié ou de retraité. Se profile en creux, au travers de cet argument majoritairement exprimé, une certaine crainte du changement et de la prise de risque. Retenues dans une mesure beaucoup plus faible, les autres raisons concernent l’importance du risque financer (19 %), l’absence d’intérêt pour l’entreprise (12 %), l’absence d’esprit entrepreneurial (10 %) et la complexité administrative et juridique (5 %).
Cependant, on note des différences notables, par rapport à ces moyennes nationales, chez les deux tranches d’âges les plus susceptibles de se lancer un jour dans la création d’entreprise, à savoir les moins de 35 ans et les 35-49 ans. Chez les moins de 35 ans, le manque de confiance dans leur capacité à entreprendre prédomine. Pour cette tranche d'âge, les raisons de l’inexistence d’un projet de création ou de reprise à trois ans relèvent à parts quasi égales de la satisfaction vis-à-vis d’une situation actuelle (25 %) et du trop grand risque financier (26 %).
Le manque d’intérêt pour l'entreprise et l’absence avouée d’esprit entrepreneurial atteignent ensemble plus d’un tiers des réponses (36 %). Ce manque de confiance ou d’envie s'élève même à 46 % chez les 18-24 ans. “Une preuve que les efforts de sensibilisation à la création/reprise d’entreprise doivent principalement se concentrer sur ces classes d’âge en particulier, afin de les rassurer sur leur capacité à entreprendre”, pointe l'étude.
La crainte du risque financier et le besoin de stabilité prédominent chez les 35-49 ans : 30 % s’estiment satisfaits de leur situation actuelle et ne souhaitent pas en changer, la seconde raison majoritairement évoquée relevant du risque financier jugé trop important (27 %). En revanche, les réponses faisant référence à l’envie et l’esprit d’entreprendre retrouvent des scores proches des moyennes nationales.
(1) Pour “L’Envie d’entreprendre des Français – Tour des régions 2011”, l’Ifop a interrogé, pour chacune des 22 régions, 400 à 600 personnes, soit près de 9 600 Français au total. La représentativité de l’échantillon a été assurée pour chaque région par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par département et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu du 9 au 22 septembre 2011 par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing).
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