Par François DESCHAMPS, 02/12/2010
Le Président de l'IAB revient sur le projet d'instauration d'une taxe de 1% sur les investissements publicitaires réalisés en ligne. Il rappelle les risques d'une telle taxe et réclame plus de concertation avec les acteurs de l'économie numérique.
Comment se positionne l’IAB face à la proposition d’instauration d’une taxe de 1% sur les investissements des annonceurs dans la publicité en ligne?
Il y a un vrai consensus entre l’IAB et l’ensemble des acteurs concernés, comme la Fevad ou l’UDA, sur le fait que l’instauration de cette taxe est impensable. Pour deux raisons. Tout d’abord parce que la décision s’est faite de façon unilatérale, sans qu’aucun des acteurs concernés n’ait été concerté au préalable. Ensuite, parce qu’il n’est pas envisageable de créer une taxe sur l’économie numérique simplement pour renflouer les caisses de l’État. Une taxe, dans ce cas, ne peut avoir de sens que si elle rentre dans le cadre d’un principe de redistribution, afin de développer l’économie numérique.
Les pouvoirs publics estiment le produit de la taxe à 10 à 20 millions d’euros par an. Quelles conséquences cette mesure peut-elle entraîner ?
Elle risque de freiner le développement de l’économie numérique. En effet, la France est clairement en retard dans ce domaine sur les autres pays européens, et au lieu de l’accompagner dans son expansion, tout est fait pour la bloquer. De plus, certains points précis sont encore dans le flou. Par exemple, comment sera-t-elle prélevée ? Et auprès de qui? Des annonceurs, des agences? Par rapport aux budgets investis, comment fera-t-on le distingo entre la publicité et les actions de marketing traditionnel? En outre, elle risque de ralentir les investissements publicitaires sur Internet. Quant au produit de la taxe, aujourd’hui aucune étude d’impact réelle sur ce dispositif n’a été menée. Les estimations ne sont donc pas fondées, car non sourcées.
Que réclamez-vous des pouvoirs publics et que se passera-t-il si la taxe est adoptée définitivement?
Nous réclamons l’ouverture d’une concertation entre les acteurs de l’économie numérique et les pouvoirs publics. Les prises de contacts sont en train d’être menées. Mais selon la tournure que prennent les événements, nous serons amenés à nous adapter. Nous réfléchissons déjà à d’autres stratégies en cas d’adoption définitive de la taxe, comme une présence plus importante auprès des pouvoirs publics, afin qu’ils écoutent plus ce que nous avons à dire. Dans tous les cas, nous avons bon espoir d’avoir un impact sur le futur car nous - les acteurs de l’économie numérique - agissons collectivement et dans le même sens.
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Commentaires des lecteurs (2)
patrick - 09/12/2010
avis
je pense que toute activité lucrative nécessite une taxe à reverser
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restonzen - 09/12/2010
Déjà que l'economie numérique a du mal a trouver son équilibre!
Le schéma économique des sites internet est déjà très précaire dès lors qu'il s'agit de proposer de la qualité (disposer de ressources dans le domaine de la création de contenu, ou de développements technologiques), les internautes veulent du TOUT GRATUIT et les annonceurs refusent d'investir des sommes conséquentes dans le net, obligeant les éditeurs à pratiquer une politique tarifaire ras les pâquerettes, alors si en plus on taxe les annonceurs!!! on va favoriser le VIDE!
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