Par Anne-Françoise RABAUD, 13/01/2010
Elles représentent 10% des PME françaises, affichent une croissance quatre fois supérieure à la moyenne dans leur secteur d'activité depuis 2001 et se moquent bien de la crise. Comment fonctionnent ces PME dites "de croissance " ?

PME indépendantes ou appartenant à des groupes, elles sont 2000 en France à réaliser un chiffre d'affaires compris entre 10 et 300 millions d'euros et à afficher une croissance quatre fois supérieure à la moyenne dans leur secteur d'activité. Face à la crise ? Certes, elles souffrent d'un manque de visibilité des marchés et de l'attentisme des clients, toutefois, près de 46% de leurs dirigeants s'estiment moins touchés par la crise que ne le sont leurs concurrents. C'est ce qu'indique une récente étude menée par KPMG, cabinet d'audit, d'expertise comptable et de conseil. Premier facteur invoqué : elles auraient mieux anticipé l'évolution de leur environnement que leurs concurrents. Du coup, leur rentabilité est meilleure : leur résultat d'exploitation n'a reculé que de 3,6% en 2008, contre -15,6% enregistré par les entreprises du CAC 40. En outre, de 2001 à 2008, le résultat net de ces "PME performantes" a enregistré une hausse de près de 500%, soit une profitabilité bien supérieure à la moyenne des PME françaises. Dans ce contexte, leur chiffre d'affaires a crû de 6,2% en 2008.
Le goût du risque
Qu'est-ce qui explique cette vitalité ? Comment se comportent les dirigeants qui sont à la tête de ces entreprises ? 63% d'entre eux plébiscitent "la prise de risques". Un leitmotiv toutefois un peu mis de côté pendant la crise, ces dirigeants ayant préféré mettre l'accent sur l'embauche et la formation de nouveaux talents. Selon l'étude, ces PME virtuoses de la croissance ont développé de véritables stratégies de crise. Leur objectif est de concentrer leurs efforts sur ce qui est vital : le marché et la clientèle. Elles n'ont pas hésité à plafonner les augmentations, ont renégocié avec les fournisseurs (prix, délais, conditions de paiement), mais n'ont en aucun cas renoncé à développer l'activité commerciale (baisse des prix, phoning, tracts, e-marketing ont continué à se développer).
Identifier les opportunités de développement
Face à l'avenir ? Elles cherchent à tout prix à identifier de nouvelles opportunités de développement en diversifiant leurs produits et leur clientèle. Elles misent sur l'innovation, la diversification et la recherche de marchés de niche rémunérateurs. À l'international, elles se sont tournées vers de nouveaux pays émergents. Mais le plus étonnant reste la détermination inébranlable de ces PME à compenser le ralentissement de la croissance organique par des opérations de croissance externe. Près de 60% des PME ultraperformantes interrogées étaient “en train de réaliser” une croissance externe ou s'“apprêtaient” à le faire. Dynamiques, elles ont la chance d'être bien accompagnées par leurs banques. Leur ratio d'endettement par rapport aux capitaux propres est d'ailleurs très élevé : il est constamment supérieur à 60% depuis 2006. Un niveau proche de celui des entreprises du CAC 40. Dans les trois ans à venir, elles sont une majorité (63%) à prévoir une hausse ou une forte hausse de leur chiffre d'affaires. De même, 40% d'entre elles s'attendent à une amélioration de leurs résultats. Leur optimisme ne se dément pas!
Méthodologie
KPMG a sélectionné, à partir des données Banque de France, 2 000 entreprises dont la croissance est 4 fois supérieure à la croissance moyenne dans leur secteur d'activité depuis 2001 et a mené 200 entretiens en 2009 avec ces dirigeants d'entreprise représentant tous les secteurs d'activité.
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