Par Gaëlle JOUANNE, 04/02/2011
Encore quasiment inconnus voici dix ans, les business angels sont en plein essor en France. Ce type d'investisseurs privés nés Outre-Atlantique sont-ils la solution aux problèmes de financement des PME hexagonales ? Éléments de réponse dans une étude la CCI de Paris, publiée début février.
Le business angel fait aujourd’hui partie du paysage du financement des entreprises françaises. Mais quel est exactement son rôle ? En quoi les investisseurs privés de nos pays, diffèrent-ils de leurs homologues américains, précurseurs en la matière ? Hélène Perrin Boulonne, de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, s'est penchée sur la question dans une étude publiée, début février, dans la collection Friedland Papers.
Définition, rôle et atouts du business angel
Un business angels (BA) est une personne physique qui investit des capitaux propres sous forme d’endettement ou de prise de participation dans une entreprise privée gérée et appartenant à une personne qui n’est ni un ami, ni un membre de la famille. « Mais gardons présent à l’esprit que derrière ce concept se cache des réalités différentes », précise l'auteur.
Les montants des investissements des BA d'Outre-Atlantique correspondent à ce que l’on appelle fréquemment l’equity gap ou trou de financement, entre 100 000 et 500 000 dollars. Les montants sont trop faibles pour couvrir les frais de gestion des fonds d’investissements et trop élevé pour les investisseurs qualifiés de 3F "friends, family and fools" ou de love money. Ils investissent le plus souvent dans des projets en amorçage et des start-ups. Les décisions d’investissements sont soumises à des règles moins strictes que celles des sociétés de venture capital, ce qui induit une plus grande flexibilité. L’intérêt pour l’entrepreneur est d’avoir accès à un capital plus patient et des processus de décisions plus courts.
Les réseaux en France et aux USA
- 4 000 business angels dans 80 réseaux en France (source : France Angels)
- 280 projets en 2009 pour un montant de 62,5 millions d'euros ;
- soit en moyenne 223 000 euros par projet ;
- 14 business angels par projet ;
- 16 000 euros par business angels par projet.
Aux États-Unis, l’Angel capital Association regroupe 7 062 business angels dans 146 réseaux
- 919 projets pour un montant de 260 millions de dollars en 2008 ;
- soit en moyenne 277 000 dollars par projet ;
- 7 business angels par projet ;
- 40 000 dollars en moyenne par business angels par projet.
« Ces chiffres montrent un moindre saupoudrage de l’action des business angels américains, qui sont moins nombreux sur un projet, mais y investissent de plus gros montants, 40 000 dollars (30 000 euros) aux États-Unis contre 16 000 euros en France », analyse Hélène Perrin Boulonne.
Deux scénarios pour le développement des business angels en France
Les business angels étant encore un phénomène émergent en France, deux scénarios d’évolution sont possibles :
1/ Une professionnalisation des 3F (friends, fools and family) : les business angels se constituent en réseaux qui maillent l’ensemble du territoire et l’ensemble des secteurs, et permettent de faciliter le démarrage d’un grand nombre d’activités.
2/ Des business angels impliqués dans le système global de soutien à l’innovation : ils investissent sur des projets ayant une composante innovante, en y apportant capitaux et savoir-faire, et interviennent en amont du capital risque.
« Les données dont on dispose pour la France montrent une tendance à aller vers le premier scénario, alors que la coexistence de ces deux types de business angels est nécessaire au développement d’une économie entrepreneuriale », précise l'auteur. Les blocages sont plus d’ordre culturel que fiscal, comme en témoigne l’utilisation qui a été faite du dispositif ISF Tepa. Une large majorité des investisseurs ont fait le choix d’investir au travers de fonds plutôt que de façon directe minimisant ainsi leur prise de risque. « Cependant, l’émergence en France d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, à même de devenir des investisseurs, constitue un signal positif pour voir s’amorcer le cercle vertueux qui fait fonctionner la dynamique entrepreneuriale aux États-Unis », indique Hélène Perrin Boulonne. C’est particulièrement le cas dans la Netéconomie, avec notamment les fondateurs de Price Minister, Deezer ou encore Ventes Privées, qui ont créent leurs propres fonds d’investissements.
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Commentaires des lecteurs (1)
ecobusinessangel - 20/02/2011
Et les Eco ?
Bon article sur les BA. Je signale toutefois l'existence de BA (="personnes ressources")mettant en avant les ressources "humaines" plutôt que les ressources "financières", sans toutefois exclure ces dernières. Et aussi l'existence d'autres sortes d'investisseurs comme les créinvestisseurs par exemple qui s'investissent et investissent dans des PME d'avenir...
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